Déchets électroniques : l’Europe est-elle une passoire ?

Déchets électroniques : l’Europe est-elle une passoire ?

Cette semaine nous voulions vous partager un article des plus intéressant écrit par Frédéric Bordage du collectif Green IT sur les déchets électronique.

Bonne lecture.

Suite au reportage « Déchets électroniques, le grand détournement » diffusé sur France 5, le 19 février 2019, nous avons voulu creuser un peu le sujet et l’élargir à l’Europe.

Avec l’ambition de répondre à deux questions simples :

  • Le circuit officiel de traitement des déchets électroniques est-il une passoire ?
  • Et si oui, quels sont les pays européens les plus touchés par l’exportation illégale de déchets électroniques ?

Pour répondre à ces deux questions, nous nous sommes tournés vers l’ONG Basel Action Network (BAN). Elle vient de mener une vaste enquête – Holes in the Circular Economy: WEEE Leakage from Europe (PDF). Dans 10 pays européens, des volontaires de l’ONG y ont déposé 314 ordinateurs, écrans plats, et imprimantes équipés d’un tracker GPS dans des points de collectes agréés.

Déchets électroniques : l’Europe est-elle une passoire ?

6 % d’exportations illégales soit 352 000 tonnes par an

Au total, 19 équipements (6 %) sont sortis illégalement du pays où ils auraient du être retraités. Illégalement au regard du droit européen, « car le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Irlande, la Pologne et l’Espagne n’ont pas traduit en droit national l’interdiction d’exporter des déchets électroniques » rappelle le rapport.

En extrapolant ces données à l’Europe des 28, le BAN estime que l’Europe exporte illégalement 352 474 tonnes de déchets électroniques par an, soit l’équivalent, selon nos calculs, de 2,5 milliards de smartphones !

L’Afrique principale exutoire

Onze déchets exportés illégalement sur 19, soit 64 %, ont fini dans un pays en voie de développement. Avec l’Afrique comme destination de choix.

Les exutoires sont le Nigeria (5 équipements), le Ghana (1), la Tanzanie (1), mais aussi l’Ukraine, le Pakistan, la Thaïlande et Hong Kong. Chaque déchet a parcouru en moyenne 4 127 kilomètres pour un total de 78,408 kilomètres, soit presque 2 tours du monde.

Comme nous le savons déjà tous, et comme le montre bien le reportage « Déchets électroniques, le grand détournement », les conditions de « recyclage » (notez les guillemets), sont particulièrement catastrophiques pour la santé des êtres humaines (toxicité humaine) et pour l’écosystème où il est pratiqué (écotoxicité), avec notamment l’accumulation de métaux lourds.

Le Royaume-Uni champion toute catégorie

Sans surprise, le Royaume-Uni est le champion toute catégorie de l’exportation illégale de déchets électroniques avec 5 équipements sur 19. La Chine ayant fermé ses frontières pour ce flux, les déchets ont fini au Nigeria, en Tanzanie et au Pakistan.

En revanche, on ne s’attendaient pas à ce que le Danemark et l’Irlande (3 déchets chacun) fasse partie du top 3.

Déchets électroniques : l’Europe est-elle une passoire ?

L’Europe fait mieux que le reste du monde

Pour finir par une mise en perspective, rappelons que s’il reste du travail en Europe, le taux d’exportation de déchets électroniques dans des pays tels que les Etats-Unis qui n’ont pas interdit leur exportation est beaucoup plus élevé, de l’ordre de 40 %.

Auteur de l’article : Green IT

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